Le policier avait été accusé d’homicide par négligence dans l’affaire de cet adolescent israélien d’origine éthiopienne, entraînant une vague nationale de manifestations

La police israélienne, jeudi, a déclaré à l’agent qui a été mis en cause dans une fusillade qui avait tué un adolescent d’origine éthiopienne, en 2019, qu’il pourrait reprendre son ancien poste dès dimanche.

Une décision qui devrait probablement susciter l’indignation de toute la communauté israélienne d’origine éthiopienne qui avait considéré la mort de Solomon Tekah, 19 ans, à Haïfa comme le reflet du racisme et de la discrimination dans les rangs de la police, et qui avait organisé pendant plusieurs semaines des manifestations massives après la fusillade meurtrière.

Le policier – dont le nom a été placé sous embargo par la justice – a été heureux et excité d’apprendre la nouvelle de cette réintégration, a déclaré Yair Nadashi, son avocat, au site d’information Walla, saluant une « bonne décision ».

Il avait été accusé d’homicide par négligence après avoir tiré une balle au sol – cette dernière avait ricoché et touché l’adolescent. Il lui avait été reproché de ne pas avoir tiré des coups de semonce en l’air.

ion Amir, avocat de la famille Tekah, a déclaré que cette dernière avait exprimé « son choc et sa sidération suite à la décision scandaleuse de réintégrer un policier traduit en justice au cours d’un procès qui ne s’est pas encore terminé, une réintégration que nous avons apprise des médias ».

Il a expliqué que le commandant de district Yoram Sofer « aurait dû prendre ces faits en considération et laisser la cour avoir son mot à dire ».

Amir a ajouté que la décision était indélicate.

Yami, la sœur de Tekah, a déclaré que « je suis choquée. J’en tremble ! Je n’arrive pas à y croire. J’ai l’impression d’avoir reçu un coup de poignard dans le cœur. Je demande à ce que le commissaire de police renonce dès, aujourd’hui, à cette décision sans logique ».

Le ministère de la Justice a de son côté fait savoir que la décision avait été prise « après avoir profondément examiné les preuves et pesé la situation et les arguments qui ont été déployés pendant l’audience disciplinaire ».

La fusillade s’est déroulée dans le quartier de Kiryat Haïm, à Haïfa. Selon une enquête, l’officier en congé, qui se trouvait avec ses enfants et son épouse, est intervenu après que sa femme a remarqué que des adolescents avaient volé de l’argent à un autre garçon. Il a alors alerté la police par téléphone, mais la voiture de police déployée a été retardée.

Pendant ce temps, selon l’enquête, l’officier et sa famille ont été la cible de jets de pierres, notamment par Solomon Tekah. Il a alors dégainé son arme et tiré au sol. La balle a ricoché et atteint l’adolescent.

La mort de Solomon Tekah avait entraîné des manifestations nationales, parfois marquées par des violences. Elle avait donné lieu à de nouvelles accusations de brutalités policières et de racisme à l’encontre des Israéliens d’origine éthiopienne. Dans les jours ayant suivi la fusillade, les manifestants avaient bloqué des routes, brûlé des pneus et dénoncé ce qu’ils avaient qualifié de discrimination systémique à l’égard de leur communauté dans tout le pays.

Les conclusions de l’enquête avaient été que si l’officier avait été en danger, comme il l’avait affirmé, sa vie n’avait pas pour autant été mise en péril et qu’il n’aurait jamais dû tirer sur le sol.

Il avait été mis en examen pour homicide par négligence, qui peut donner lieu à une peine maximale de trois ans d’emprisonnement.

La mort de Tekah avait suivi d’autres incidents présumés de racisme au sein de la police. Six mois plus tôt, Yehuda Biadga, 24 ans, un Israélien d’origine éthiopienne qui souffrait d’une maladie mentale, avait été tué par la police qui avait affirmé qu’il avait attaqué un agent à l’aide d’un couteau.

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