Le co-fondateur a déclaré que cette initiative est « rentable dans le temps » ; les militants d’Extinction Rebellion protestent contre le « greenwashing » par d’autres firmes

Cramim Investments a annoncé mercredi qu’elle ne financera aucune entreprise liée aux combustibles fossiles responsables du réchauffement climatique, devenant ainsi la première société d’investissement en Israël à obtenir la nouvelle certification « investisseur vert » développée par des groupes environnementaux.

Détenue par Adi Sweid et Ran Amitai, et en activité depuis 2007, Cramim investit principalement dans des obligations d’entreprises et des sociétés qui sont maintenant cotées sur l’indice sans combustibles fossiles, qui a été officiellement lancé par la Bourse israélienne la semaine dernière.

C’est le premier indice de la principale bourse israélienne conçu pour exclure les entreprises pétrolières et gazières, et s’ajoute à un indice sectoriel des technologies propres également inauguré ces dernières semaines.

Ceux qui souhaitent investir dans les combustibles fossiles ont toujours la possibilité de choisir des indices tels que l’indice dédié au pétrole et au gaz, qui fonctionne depuis 2011.

Cramim sera certifié par le Clean Money Forum, créé en début d’année pour traiter des aspects financiers de la crise climatique, sous l’égide de Life and Environment, l’organisation qui chapeaute les associations écologiques du pays.

Adi Sweid, copropriétaire de Cramim Investments

Sweid a déclaré que le secteur financier peut et doit avoir un impact important sur la préservation de l’environnement et la réduction des niveaux de pollution.

« Au-delà de la question environnementale, l’investissement dans des actions d’entreprises qui n’utilisent pas de combustibles fossiles a prouvé que c’était rentable sur le long-terme », a déclaré Sweid.

« Nous avons pris une mesure stratégique aujourd’hui. Nous n’investirons pas dans des « entreprises noires » et nous invitons d’autres sociétés d’investissement à nous suivre, pour le bien des générations futures ».

Alors que la pression commence à monter sur le secteur financier israélien pour orienter leurs investissements loin des entreprises de combustibles fossiles, les militants environnementaux ont manifesté mercredi devant l’une des grandes sociétés d’investissement du pays, l’accusant de « blanchiment écologique ».

Les activistes de Extinction Rebellion ont déversé un tas de faux excréments sur le sol du centre de services Migdal, dans la ville de Petah Tikva, au centre du pays, versé de la peinture verte dessus et ont érigé des panneaux indiquant « Greenwash » : Même merde, maintenant en vert » et « Détournement de l’attention, pas des investissements ».

Des militants écologistes de Extinction Rebellion protestent au centre de services du groupe Migdal dans la ville centrale de Petah Tikva, le 16 décembre 2020. (Crédit : Extinction Rebellion)

Migdal, qui s’occupe d’assurances, de pensions et d’épargne, a annoncé le mois dernier son intention d’intégrer des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans toutes ses décisions d’investissement.

Extinction Rebellion a déjà manifesté devant les sociétés d’investissement Menorah, Psagot et Harel. Cette manifestation était la deuxième à Migdal.

Lundi, la Protection environnementale Gila Gamliel a annoncé lors d’une allocution à la conférence Eli Hurvitz sur l’Economie et la société, que le secteur financier du pays devait s’impliquer davantage en dirigeant ses capitaux et ses investissements vers une économie plus propre et plus durable.

Gamliel a dit au secteur financier qu’il « doit être une partie intégrante de la révolution environnementale en Israël et il doit permettre aux investisseurs de choisir de manière avisée comment ils souhaitent agir, conformément à leur vision du monde, et comment investir dans des entreprises et dans des outils financiers qui tiendront compte des considérations d’ordre environnemental ».

L’adoption par le secteur des finances israélien des critères ESG – environnementaux, sociaux et de gouvernance – est largement à la traîne par rapport à une grande partie du monde développé, a pour sa part commenté Anat Guetta, présidente de l’Autorité des titres israélienne, à la conférence.

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