L’écrivain, qui avait aidé à façonner la poésie israélienne, avait suscité la controverse, ces dernières années, pour un certain nombre de propos politiques et racistes

Le poète Natan Zach, lauréat du prix d’Israël, est mort vendredi à l’âge de 89 ans.

Zach avait eu une grande influence sur la poésie hébraïque dans ses jeunes années. De multiples interprétations de ses œuvres ont été réalisées par de nombreux artistes israéliens au fil des années.

Zach avait publié des dizaines de livres, et plusieurs avaient d’ailleurs été traduits dans d’autres langues. Il avait remporté un certain nombre de prix internationaux.

Né à Berlin en 1930, l’écrivain avait émigré en Israël en 1936. Il avait participé à la guerre de l’Indépendance israélienne en 1948 et il avait publié son premier recueil de poésie en 1953.

Diplômé de l’université hébraïque en philosophie et en sciences politiques, Zachs était parti vivre en Angleterre entre 1968 et 1978, une période pendant laquelle il avait obtenu un doctorat au sein de l’université d’Essex. A son retour au sein de l’Etat juif, il avait enseigné à l’université de Tel Aviv et à l’université de Haïfa.

Zach avait remporté le prix Bialik de Littérature en 1982 et le prix d’Israël de poésie hébraïque en 1995.

« Poète, critique, éditeur et traducteur, Zach aura eu une grande influence sur le développement de la poésie hébraïque moderne », écrit l’Institut de traduction de la littérature hébraïque sur son site internet dans la biographie de l’écrivain. « Il a été le leader d’un groupe de poètes qui, au lendemain de l’indépendance, ont changé le visage de la poésie hébraïque dans les années 1950 et 1960 ».

Malgré ses succès auprès des critiques, il était un personnage controversé, depuis des années, pour ses déclarations politiques et racistes. La plus grande polémique était survenue au mois de juillet 2010 quand, alors qu’il s’exprimait au micro de la radio militaire, il avait comparé les Juifs européens et moyen-orientaux, disant que « les premiers proviennent de la culture la plus élevée qu’il soit – la culture d’Europe occidentale – et les seconds sortent des cavernes ».

Suite à ces paroles, des centaines de personnes avaient signé une pétition pour que ses écrits soient retirés du programme scolaire national.

En 2014, Zach avait, une fois encore, attisé la controverse lorsqu’il avait acheté une annonce, dans le quotidien Haaretz, pour défendre l’usage par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas du terme de « génocide » pour décrire l’opération militaire qui avait eu lieu à Gaza cette année-là, appelée « Bordure protectrice ».

La controverse avait encore une fois poursuivi Zach, en 2015, lorsqu’il avait placé une annonce dans Haaretz soutenant Abbas dans l’un de ses exploits. Zach avait apporté ses « bénédictions sur le chemin de La Haye » au président de l’AP, qui se rendait là-bas pour une enquête préliminaire sur les crimes israéliens présumés commis pendant le conflit avec Gaza.

En 2014, Zach, qui avait 80 ans à l’époque, avait épousé celle qui s’occupait de lui et de son ménage depuis longtemps, Sarah Avital. Il avait été rapidement hospitalisé après son mariage, atteint par la maladie d’Alzheimer.

La polémique s’était invitée même à l’hôpital. Selon un reportage diffusé au mois de février 2020 par la Treizième chaîne, son épouse l’avait fait hospitaliser rapidement après le mariage et, en tant que tutrice légale, elle avait interdit à ses amis de lui rendre visite.

La chaîne avait cité un certain nombre de ses amis et de ses proches, qui avaient affirmé qu’on les avait empêchés d’aller le voir dans le but d’isoler le poète. Le reportage avait également diffusé un enregistrement de Zach réclamant une aide juridique à un ami pour se protéger de son épouse qui « voulait prendre le contrôle de tous mes biens ».

Des proches s’étaient tournés vers la Haute-cour et même vers le président israélien pour obtenir le droit de rendre visite à Zach, selon la chaîne.

Le président Reuven Rivlin a fait l’éloge funèbre de Zach dans la journée de vendredi en demandant « qui saura dorénavant résumer pour nous ce qu’est l’essence de la douleur ? Qui saura se saisir de la langue hébraïque avec une telle précision, une telle originalité ? Qui saura nous décrire la vie que nous pourrions d’ores et déjà vivre entre nous ? »

« Repose en paix, cher Nathan, cher poète du quotidien, cher poète de l’instant présent », a ajouté le président.

Le ministre de la Culture, Chili Tropper, a pour sa part qualifié Zach de « l’un des plus importants poètes israéliens, et son influence immense sur la culture et la chanson israéliennes s’étendra sur des générations toutes entières ».

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