Les Israéliens pourront rentrer sur le territoire « sans restrictions », a précisé Regev, sans évoquer la situation des travailleurs et des résidents étrangers

Israël a imposé vendredi de nouvelles restrictions sur les vols internationaux dans le cadre d’un durcissement de ses mesures visant à freiner la propagation du Covid-19 dans un pays frappé par le plus haut taux de contamination au monde ces dernières semaines.

La ministre des Transports, Miri Regev, a annoncé que l’aéroport international de Tel Aviv allait rester ouvert mais que seuls les passagers ayant acheté un billet d’avion avant vendredi 11H00 GMT pourraient embarquer sur un vol pour l’étranger.

« À l’arrivée à l’aéroport, une référence devra être présentée pour prouver la date d’achat du billet (…) ainsi qu’un contrôle négatif au coronavirus selon les exigences du pays de destination », a indiqué la ministre dans un communiqué.

Les Israéliens pourront rentrer sur le territoire « sans restrictions », a-t-elle précisé, sans évoquer à ce stade la situation des travailleurs étrangers ni des personnes ayant un statut de résident en Israël.

L’Etat hébreu avait imposé une série de restrictions sur les vols à l’étranger au début de la pandémie avant d’alléger ces mesures. Les non-Israéliens munis d’un visa de travail ou d’un statut de résident étaient autorisés à entrer dans le pays contrairement aux touristes.

Dès jeudi, avec la propagation des rumeurs de fermeture, des voyageurs se sont rués vers l’aéroport de Tel Aviv, où, fait rare en période de pandémie, la plupart des vols affichaient complets.

Un vol pour Londres, proposé pour environ 200 dollars (170 euros) mercredi, l’était pour 1 300 dollars (1 100 euros) jeudi, avant de ne plus être disponible, a constaté une journaliste de l’AFP.

Et vendredi à la mi-journée, une longue file de passagers défilait devant des comptoirs d’enregistrement, selon un vidéaste de l’AFP présent à l’aéroport Ben Gourion de Tel Aviv, qui tournait au ralenti ces derniers mois.

Le confinement partiel imposé début septembre puis le confinement généralisé entré en vigueur la semaine dernière n’ont pas suffit à freiner la circulation du virus dans le pays de neuf millions d’habitants, qui s’était vanté de sa gestion de la pandémie au printemps.

À partir de vendredi 14H00 (11H00 GMT), les synagogues seront fermées, sauf pour Yom Kippour (jour du pardon, célébré dimanche soir et lundi), seuls les secteurs de travail jugés « essentiels » pourront continuer à exercer et les manifestations et les prières en extérieur seront limitées à 20 personnes et à moins d’un kilomètre du domicile.

« Il est possible de vivre sans confinement avec 2 000 nouveaux cas par jour. C’est également possible avec 3 000 ou 5 000, 6 000 cas quotidiens. Mais, mesdames et messieurs, nous enregistrons 7 000 cas par jour », a déclaré le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, jeudi soir.

Selon les données de l’AFP, Israël est le pays dans le monde ayant enregistré le plus fort taux de contamination au cours des deux dernières semaines, avec à la clé une hausse des cas graves et des hôpitaux débordés au point de ne plus accepter de nouveaux patients.

« Confusion totale »

« Le système de santé gémit », a indiqué M. Netanyahu. « Et pourtant, je vois des gens danser, se réunir et partager des repas autour de grandes tables bondées, sans porter de masques. Réveillez-vous. Assez, c’est assez. Quelque chose doit être fait, et maintenant », a-t-il asséné.

Mais les partis d’opposition et des critiques ont dénoncé des mesures qui viennent trop tard, qui risquent de plomber l’économie, voire de faire taire les manifestants qui se réunissent chaque semaine devant la résidence de M. Netanyahu pour dénoncer la gestion de la crise sanitaire et économique.

Jeudi soir, ils étaient encore quelques centaines devant sa résidence de Jérusalem, portant des masques sanitaires et assis sur des chaises espacées les unes des autres.

Le Dr. Hagai Levine, pourtant membre de l’équipe chargée de conseiller le gouvernement, a dénoncé la « confusion totale » du cabinet dans la gestion de la seconde vague de contamination.

Et dans le quotidien Yediot Aharonot, le commentateur Alex Fishman résume la situation ainsi : « Les zigzags du gouvernement, la défiance et le manque de coopération du public soulèvent la crainte d’un confinement qui perdure après les trois prochaines semaines. »

Le ministère de la Santé a déclaré vendredi matin avoir diagnostiqué la veille un nombre record de 7 527 nouveaux cas de coronavirus.

Ce nombre élevé de diagnostics positifs survient après deux jours d’affilée où le nombre de nouveaux cas a frôlé les 7 000. Le ministère a déclaré que 12,8 % des tests effectués jeudi étaient positifs, sur un total de 60 524 tests.

Le nombre total de cas depuis le début de la pandémie s’élève à 214 458, dont 1 378 décès.

Sur les 60 786 cas actifs, 669 sont dans un état grave, dont 167 sous respirateur, a indiqué le ministère. 246 se trouvent sont dans un état modéré, le reste présentant des symptômes légers ou inexistants.

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